La tablette TechCrunch: l’expérience Open Source

Il y a trois mois de cela, le célèbre blogueur Michael Arrington du populaire site TechCrunch lançait le projet de concevoir une tablette internet « dead simple » pour moins de 200 $. Pour ce faire, il demandait la collaboration des internautes afin de réaliser un ordinateur compact et simple (un seul bouton pour la mise en marche), sans fil et avec écran tactile, conçu spécifiquement pour surfer sur Internet. Et tout ça, selon le modèle Open Source, tant pour le matériel que pour le logiciel. Bref, le genre d’appareil parfait pour le Nuage.

La réponse fut massive et fulgurante : près de 1200 commentaires la journée même de la parution du texte d’Arrington. Depuis, on dénombre plus de 2400 commentaires laissés sur les quatre billets publiés par TechCrunch sur le sujet. On y retrouve d’innombrables suggestions, idées et offres de participation, toutes plus enthousiastes les unes que les autres.

Ce qui démontre bien l’intérêt, non seulement pour le produit, mais également pour ce genre d’initiative.

L’idée d’une communauté collaborant au développement d’un produit Open Source n’est pas nouvelle, loin de là. Il en existe de nombreuses dans le domaine du logiciel, certaines très prospères, et ce, depuis plusieurs années. Les communautés Linux et Firefox sont probablement les plus célèbres et il en existe de nombreuses autres.

Bien que moins connus, les produits Open Source Hardware connaissent également une popularité grandissante. Mais contrairement à leur homologue logiciel, leur mise au point initiale est généralement le fait d’entreprises ayant pignon sur rue ou de petits groupes d’individus, et non pas le résultat d’un travail collaboratif d’une communauté.

Et il y a une bonne raison à cela. La mise au point d’équipements électroniques le moindrement complexes requiert souvent l’utilisation d’instruments spécialisés et coûteux, des efforts laborieux de débogage en laboratoire et des essais de conformité complexes.  Plusieurs des étapes nécessaires à la réalisation d’un produit hardware nécessitent un travail initial et un investissement financier difficiles sinon impossibles à partager via une communauté Internet.

Les communautés gravitant autour des produits Open Source Hardware existants se sont en général formées ultérieurement à leur mise en marché. En modifiant ou en étoffant le logiciel embarqué, en proposant des améliorations au hardware ou en créant de nouvelles applications, la communauté prend par la suite une part plus ou moins importante dans l’évolution du produit, mais le processus initial de réalisation demeure plutôt traditionnel.

À ma connaissance, l’initiative de TechCrunch représente la première tentative de réalisation, à partir de zéro, d’un produit grand public relativement complexe, via le travail collaboratif d’une communauté. Il sera très intéressant de voir comment le groupe de Michael Arrington surmontera les problèmes tels que par exemple, celui de l’homologation du produit (obligatoire pour ce type d’appareil si l’on veut l’utiliser légalement) qui nécessitent l’utilisation d’installations sophistiquées et coûteuses.

Les produits Open Source sont déjà en bonne voie de changer la donne dans plusieurs industries. Si le projet de Michael Arrington est couronné de succès, ce que je souhaite, cela renforcera considérablement cette nouvelle culture de consommation. Car à n’en pas douter, d’autres suivront l’exemple.

Aux dernières nouvelles, le 30 août dernier, un prototype avait été construit. Mais depuis, plus rien. Le projet semble être passé dans un mode « privé », Arrington ayant décidé de « limiter le nombre de cuisiniers dans la cuisine« . Si quelqu’un quelque part a la chance d’être dans le secret des dieux, pleeeeze donnez-moi des nouvelles!

Mais peu importe l’issue, de plus en plus un nouveau choix de consommation nous est dorénavant offert. Le choix des produits « libres ».

Pierre M

2 Responses to “La tablette TechCrunch: l’expérience Open Source”


  1. 1 modotcom 1 novembre 2008 à 4:02

    belle démonstration de la pertinence du travail de collaboration. Bravo!

  2. 2 Lakisha Nielsen 11 février 2013 à 6:05

    en août 1998, plusieurs des développeurs commerciaux invités dirent qu’ils n’avaient l’intention de rendre qu’une partie de leur travail libre (ou « open source »). La partie principale de leur activité est de développer des extensions privatrices (logiciels ou manuels ) à vendre aux utilisateurs de logiciel libre. Ils nous demandent de considérer ceci comme légitime, comme faisant partie de notre communauté, car un peu d’argent est reversé au développement de logiciels libres.


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