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Un flash mob nommé Earth Hour

Avez-vous songé que l’évènement Earth Hour du week-end passé avait été en réalité un gigantesque flash mob à l’échelle planétaire?

Quand je mentionnais dans un billet passé que les flashs mobs, qu’on associe en général à des évènements futiles du genre bataille d’oreillers, étaient un phénomène précurseur de quelque chose de beaucoup plus significatif, je n’avais pas réalisé qu’on en était déjà à ce point là.

Le mouvement Earth Hour est essentiellement symbolique, mais les économies d’énergie sont quand même réelles et significatives. Et surtout, comme campagne de sensibilisation, c’est particulièrement réussi.

Le succès de l’évènement démontre que nous sommes nombreux sur cette planète à être sensibles aux bonnes causes, et prêts à nous impliquer d’une façon quelconque.

Avec le web comme catalyseur, les actions de masse, qu’elles soient à caractère environnemental, politique, économique ou autres, ont un potentiel d’influence et d’accomplissement extraordinaire. Encore une fois, il ne s’agit que de réussir à atteindre une masse critique de participants pour que ces mouvements deviennent une nouvelle puissance significative dans notre monde, un cinquième pouvoir.

Des initiatives très prometteuses sont d’ailleurs déjà en branle sur la toile. Le site web The Point, lancé en septembre 2007, regroupe et coordonne les internautes autour d’actions, pour contribuer à résoudre divers problèmes soumis par eux. Le concept est très bien, et il en existe probablement d’autres. Il n’y manque plus que les participants pour que les riches et puissants de ce monde tremblent devant ce nouveau pouvoir.

Allez et participez en grand nombre, ensemble on peut changer le monde.

Pierre M

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Big Brother Google

Via Revue de web du Nouvel Obs.

La branche française des Big Brother Awards (BBA-F) vient de décerner un prix Orwell 2007 à Google pour l’ensemble de son oeuvre.

Les Big Brother Awards sont des « récompenses » octroyées aux entreprises privées, aux agences gouvernementales ou aux individus qui ont particulièrement « excellé » dans les violations de la vie privée. Ils sont remis indépendamment dans une quinzaine de pays, et la première remise internationale a eu lieu en mai 2007 à Montréal.

Selon un rapport du groupe Privacy International, Google est la seule entreprise à avoir obtenu la pire appréciation « Hostile to privacy » lors d’une étude comparative de 23 grands sites internet. À ma grande surprise, Google a même été jugé pire que Facebook à ce chapitre. C’est tout dire, et très inquiétant.

D’autant plus inquiétant que Google est l’un des chefs de file du Cloud Computing, cette tendance lourde, et à mon avis très prometteuse, qui émerge inéluctablement dans le monde de l’informatique et du web. Et avec l’avènement du Cloud Computing, l’enjeu de la protection des informations personnelles et de la vie privée sera exacerbé d’une façon sans précédent.

Si l’on veut que les internautes puissent bénéficier du Cloud Computing tout en évitant que celui-ci ne devienne un outil d’aliénation dangereux entre les mains des puissants de ce monde, la communauté devra trouver une façon de modérer les dérives de l’industrie en ce domaine.

Ce qu’il serait souhaitable, c’est que la communauté web se dote de ses propres règles de confidentialité et de conditions d’utilisation, élaborées par l’entremise d’un wiki par exemple. Puis, en favorisant dans les choix de consommation les entreprises qui y souscrivent, qu’elle « convainque » l’industrie d’y adhérer par la seule force de son poids économique. La réussite d’une telle initiative ne dépendrait que de l’importance de la communauté et de son degré d’activisme. Il s’agit d’arriver à atteindre une masse critique d’internautes pour que le mouvement connaisse une croissance catalytique, et devienne incontournable pour l’industrie. Rien d’impossible avec une bonne campagne de promotion et de sensibilisation. C’est à mon avis tout à fait réalisable, et hautement souhaitable.

En tout cas, s’il y a des volontaires pour mettre en place ce genre d’initiative, ou si cela existe déjà, je participerai avec plaisir.

Sinon, on pourrait un jour en arriver à ça. 😉

Pierre M

La loi de Craigslist

Une nouvelle hilarante ici à propos de la mésaventure d’un gars de l’Oregon avec le site de petites annonces Craigslist. Quelqu’un aurait publié à son insu une annonce à l’effet que toutes ses affaires, incluant son cheval, étaient à donner. Il a eu toutes les misères du monde à stopper des gens qui se poussaient allègrement avec ses affaires en s’obstinant qu’ils étaient dans leurs droits, sous prétexte que c’était annoncé sur Craigslist.

C’est comique, mais en même temps triste. Triste parce que c’est une indication que les internautes en général n’ont pas encore acquis la maturité nécessaire pour bien utiliser le web.

On le sait depuis longtemps, l’information est l’une des principales clés du pouvoir. En mettant à notre disposition une quantité quasi illimitée d’information, non censurée et facilement accessible, le web nous donne à tous, internautes, un pouvoir sans précédent dans l’histoire humaine. Un grand pouvoir.

Et qui dit grand pouvoir dit grande responsabilité.

Contrairement à ce à quoi les médias traditionnels nous ont (presque) habitués, l’information disponible sur le web est loin d’être toujours exacte. L’une des grandes responsabilités qui incombent dorénavant aux internautes est celle de développer et d’utiliser un sens critique à l’égard de toute cette information. La responsabilité de réfléchir sur l’information.

La communauté numérique ne pourra pleinement bénéficier du nouveau pouvoir de l’information que lorsqu’elle aura acquis la maturité nécessaire pour prendre en charge les responsabilités qui vont avec.

Prenez l’exemple du journalisme citoyen. Ce phénomène est très critiqué parce que l’information qu’on y retrouve n’est pas nécessairement vérifiée, complète, impartiale ou même véridique. Ce qui est tout à fait exact.

Pourtant, pouvoir disposer presque en temps réel d’information à la source provenant des gens qui vivent et souvent subissent l’évènement est tout simplement extraordinaire. Ou plutôt, a le potentiel d’être quelque chose d’extraordinaire, si les internautes développent le sens critique requis pour utiliser l’information adéquatement et à sa juste valeur. Sinon, le journalisme citoyen peut effectivement être un outil plutôt pernicieux, et même dangereux.

On pourrait croire que nous sommes encore loin d’avoir acquis cette maturité. Peut-être bien, mais je crois que cela viendra. Après tout, la nouvelle révolution de l’information n’en est qu’à ses tout débuts. J’ai bon espoir que les prochaines générations seront bien meilleures dans l’utilisation de l’information. Et c’est alors qu’on réalisera vraiment le plein potentiel du web.

Pierre M

Radiohead, la fin d’une révolution?

Nouveau et surprenant développement dans l’affaire Radiohead. Après plus de 2 mois de distribution web de son dernier album « In Rainbows », le groupe a cessé l’expérience et revient à une stratégie de vente plus traditionnelle. Décevant.

On se souvient que Radiohead avait provoqué toute une onde de choc dans le monde de la musique après avoir décidé de mettre son album en ligne, en téléchargement libre contre contribution volontaire des internautes. Les raisons de ce recul sont assez obscures, d’autant plus que certains affirmaient que l’expérience se déroulait somme toute financièrement pas si mal pour le groupe. Doit-on conclure que « c’est dans la nature humaine de toujours essayer d’avoir quelque chose pour rien» ? Tant pis pour ceux qui voyaient dans l’innovation de Radiohead l’avènement d’un nouveau paradigme économique?

Ce serait vraiment, mais alors vraiment dommage.

Moi, comme beaucoup d’autres, je me suis réjoui du coup d’éclat et du courage de Radiohead. Car à mon avis, c’est sans aucun doute « la » solution à long terme. Et ce, pour bien d’autres industries que celle de la musique. Car, on en parle moins maintenant, mais le même problème de droit d’auteur et de distribution en guette plusieurs autres (attendez l’arrivé d’un iPod version livre pour voir…(merci à Bob August pour l’image 😉 ).

Pensez un instant à tous les bénéfices possibles d’un système économique à la Radiohead. Finie la « course aux armements » coûteuse, chiante et futile contre le piratage. Terminé le nivellement par le bas de l’offre par les producteurs, maisons de disques et autres (et « welcome Long Tail »!). Fini le gaspillage de matière première pour fabriquer des CD. Au chômage les parasites de la distribution qui soutirent une part indécente du revenu aux vrais artistes. Un lien direct entre le consommateur et l’artiste. Une offre infiniment plus variée. Une économie beaucoup plus écologique. Et j’en passe, et des meilleurs…

Tout ce qu’il manque à l’équation c’est l’avènement d’une véritable « économie volontaire ». C’est-à-dire une économie où les consommateurs sont responsables, et paient volontairement un juste prix pour les produits qu’ils consomment. Imaginez si c’était dans l’ordre des choses dans nos sociétés. Imaginez si chaque enfant était éduqué avec ce concept bien inculqué. Car c’est juste le gros bon sens après tout. Si tu aimes un artiste, tu veux qu’il continue à produire. Si tu aimes un produit, tu veux que l’on continue à en faire d’autres. Non?

Je rêve en couleurs? Peut-être, mais peut-être bien que non.

De toute façon, l’économie volontaire est déjà en branle. Et, à mon avis, c’est peut-être la seule solution si l’on veut garder internet à l’abri d’un contrôle par la classe économique dominante actuel. Que ce soit pour des vidéos éducatifs, pour Wikipédia ou pour d’autres émules de Radiohead, plusieurs ont commencé à adopter cette façon de faire. Il n’en tient qu’a nous, internautes de bonne volonté (et il y en a beaucoup) de faire en sorte que tout ça fonctionne. Cela nous donnerait, nous, consommateurs, un pouvoir extraordinaire. Ce serait l’une des plus grandes révolutions économiques de l’Histoire.

Pour les artistes et musiciens, peut-être y aura-t-il moins de multi-millionnaires (on sera toujours moins enclin à ouvrir son portefeuille pour quelqu’un qui est déjà riche, et de toute façon, faire de la musique vaut-il vraiment des millions?), mais je suis convaincu qu’un plus grand nombre de ceux-ci pourraient vivre plus décemment de leur arts

Encore une fois, il n’en tient qu’à nous, la communauté internet, pour que cela devienne un jour réalité. Oui, ça peut prendre du temps pour que le système fonctionne bien. Oui, il y aura toujours des parasites qui en profiteront. Mais avec le temps, ceux-ci seront de plus en plus marginalisés, et leur nombre diminuera au fur et à mesure que les mentalités changeront. Et un jour, l’économie volontaire nous sera aussi naturelle que de recycler nos ordures ou que de ne pas dévaliser ses voisins. Et nous en sortirons tous gagnants, j’en suis intimement convaincu. Je crois que l’être humain est assez intelligent pour ça.

Citoyens-internautes de la planète, nous pouvons changer le monde.

Pierre M.

P.-S. Je trouve étrange que cette dernière annonce de Radiohead n’ait pas eu plus d’écho dans les médias internet québécois. Surtout après le tapage médiatique que l’annonce initiale de la mise en ligne de l’album avait eu. Doit-on en conclure que les échecs de la « nouvelle économie » sont moins vendeurs que les coups d’éclat en faveur du web? Nos blogueurs et journalistes sont-ils trop « pro-web »?

Ça me laisse songeur…